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Bulletin 21 (novembre 2024)

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Sommaire:

  • Chronique
  • Apostolat de la Société: Apostolat en Europe centrale
  • Nos travaux: la sacristie des soeurs.
  • Annonce: ordination sacerdotale en mai
  • Nos centres de messe en France

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La mission Saint Joseph au Kansas

Cet article est initialement paru dans notre bulletin n°20.

La « Mission St. Joseph » se trouve en plein cœur du Kansas, à 10 minutes de St. Mary’s, le plus grand centre de la FSSPX ici aux Etats Unis.

La Mission Saint Joseph est née il y a quelques années, lorsque des fidèles ont fait appel à monsieur l’abbé Zendejas, courageusement sorti de la FSSPX pour continuer sans faiblir le combat de Mgr. Lefebvre.

Comme tous les centres de Messes au début, les fidèles ont connu la messe dans des garages, des salles louées, ou tout simplement pas de messe dominicale, en fonction des activités pastorales du futur Monseigneur Zendejas.

La situation commença à se stabiliser avec l’achat d’un ancien bar, très vite réaménagé en chapelle (photo à gauche), avec salle à tout faire : tour à tour salle de conférence lors des missions dominicaines, salle de jeu lors des camps d’été ou salle de réceptions lors des fameux « potluck[1] » américains.

A la veille des restrictions imposées suite au covid, Monseigneur Zendejas envoie l’abbé Brocard de façon permanente à la mission, pour que les fidèles aient un prêtre pour leur offrir conseils spirituels et sacrements.

Après un an passé dans le petit appartement aménagé dans une des salles de l’ancien bar, l’abbé apprécie vraiment la surprise que lui réserve Monseigneur pour l’été : l’achat d’une belle propriété qui est aménagée en prieuré. (Photo ci-contre : la vue depuis la cuisine du prieuré en hiver).

Deo gratias ! Nous pouvons maintenant accueillir des retraitants chaque année, faire les camps d’été de la Croisade Eucharistique, et recevoir les jeunes gens qui se posent la question de la vocation.

La vie paroissiale s’organise petit à petit : messe tous les jours, deux messes le dimanche dont une chantée, processions pour le 8 décembre, le Christ-Roi et pour la Fête-Dieu, réunions régulières du tiers-ordre dominicain, exposition du Très Saint Sacrement tous les jeudis, journées de récollection pour bien préparer l’Avent ou le carême, visites aux malades, mariage, baptêmes, enterrements, etc. Comme Monseigneur Thomas d’Aquin OSB avait raison ! « Pour la vitalité d’une paroisse, avant toute chose, il faut que le prêtre soit là ! »

Un de nos apostolats les plus absorbants, sans contredit, est la petite école : le « Tutorial » St. Don Bosco, qui a vu le jour il y a maintenant 3 ans et demi. 35 élèves, répartis sur 5 niveaux. Tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l’organisation d’une école et son bon fonctionnement, savent de quelle somme de sacrifices et d’abnégation nous parlons ici. Mais c’est le futur ! A nous de former les prêtres et familles de demain. La Providence pourvoit à tout, bien souvent au dernier moment (pour nous maintenir à genoux dans l’humilité et la prière). Et quand la situation se fait trop difficile, nous nous tournons avec confiance vers notre protecteur St. Joseph. [Sur la photo, vous pouvez voir Monseigneur Zendejas aidant un de nos élèves lors de notre traditionnel « party » de La Toussaint : chaque enfant se déguise en un saint, et lit trois indices pour que les parents puissent découvrir de quel saint il s’agit.]

2024 voit deux évènements importants : La prise de soutane de notre séminariste, Joshua de la Fuente ; et l’intronisation de la nouvelle église que Monseigneur Zendejas a commencé à construire.

Tout doucement, jour après jour, avec l’aide de Dieu, une chrétienté se construit, pour continuer à se battre pour le règne du Christ-Roi. Comme nous le répète souvent notre cher Monseigneur : Viva Cristo Rey !!!

Mais la parole de notre doux Sauveur n’a jamais été aussi vraie : « Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. »

Ces quelques lignes ne vous ont donné qu’un bref aperçu de l’apostolat d’un de nos centres, et nous avons plusieurs missions dans tous les USA. La tâche est écrasante ! Monsieur l’abbé Blanchet nous a courageusement rejoint en Septembre, mais malheureusement l’abbé Brocard, n’ayant pas obtenu son permis de séjour, a dû quitter – pour un temps – le champ de bataille.

Chers amis, priez souvent cette supplication : « Seigneur, donnez-nous des prêtres ! De saints prêtres ! Beaucoup de saints prêtres ! »

Les enfants de la Mission sauront vous en remerciez par leurs prières.

[1] Potluck : réunion après la messe de toutes les familles de la paroisse, chacune apportant quelque chose, pour un repas paroissial.

Apostolat aux Etats-Unis: lire l’entretien avec l’abbé E. Blanchet

Sermon sur la mission du sacerdoce (abbé Trincado)

Sermon prononcé pour la première messe de l’abbé Flavio Mateos

Excellence,

Chers Prêtres, Frères et Sœurs,

Chers fidèles,

Cher Monsieur l’abbé,

Le sacerdoce que vous avez reçu hier, cher M. l’abbé, est le même que Jésus-Christ a reçu de son Père (Jean 17, 22). Le prêtre est le ministre de Dieu chargé d’accomplir deux œuvres extrêmement nobles et exaltées : l’honorer par le saint sacrifice de la Messe et sanctifier les âmes. C’est pourquoi les Écritures appellent le prêtre « l’homme de Dieu » [1 Timothée 6, 11], un homme qui n’est plus du monde, ni de ses proches, ni même de lui-même, mais seulement de Dieu et qui ne cherche rien d’autre que Dieu.

Cher Monsieur l’abbé, toutes ces citations sur la sublime dignité du sacerdoce suscitent en nous une grande admiration, mais elles nous font aussi peur, car le trésor qui nous a été donné est trop précieux pour les vases de terre que nous sommes. Cependant, le même Dieu qui a dit : « Soyez parfaits comme je suis parfait », a également dit que « rien ne lui est impossible » (Luc 18, 27). Courage ! Malgré toutes vos faiblesses et vos obscurités, la grâce de Dieu a voulu triompher en vous, cher Monsieur l’abbé, et faire de vous un prêtre fidèle, un prêtre digne, un saint prêtre. Pour ce faire, vous devez toujours être en mesure de recevoir la lumière et la force de Dieu dans la grâce divine. Comment ? Suppliant sans cesse pour avoir l’amour de la croix, la croix qui ne vous a pas manqué jusqu’à présent, cher Monsieur l’abbé, et qui ne vous manquera pas jusqu’à la mort.

Un saint prêtre du XIXe siècle a dit : « Le prêtre doit mourir à son propre corps, à son propre esprit, à sa propre volonté, à sa propre renommée, à sa propre famille et au monde. Il faut le sacrifier dans le silence, dans la prière, le travail, la pénitence, la souffrance, la mort. Plus vous mourrez, plus vous avez de vie et plus vous donnez de vie. Le prêtre est un homme crucifié qui (par amour) donne son corps, son esprit, son temps, ses biens, sa santé, sa vie. Le prêtre est un homme crucifié. » Seul celui qui est crucifié sauve les âmes. Le Christ n’a pas voulu nous sauver par l’action, mais par son contraire : la passion, la souffrance. La souffrance unie au Christ devient rédemptrice. Premièrement, donc, cher Monsieur l’abbé, la prière, la supplication, toujours et avant tout.

Le Père Emmanuel André, saint abbé bénédictin du XIXe siècle, enseigne que des trois principaux devoirs du prêtre, le premier est celui de la prière. Deuxièmement, il y a le devoir de prêcher, et troisièmement, l’administration des sacrements. C’est l’ordre désiré par Dieu. Et il ajoute que bien que le ministère sacerdotal ait plusieurs fonctions externes, considéré dans son ensemble, il s’agit d’une œuvre interne. L’action du prêtre sur l’âme de ses semblables sera efficace dans la mesure où le prêtre s’unira à Dieu par la prière, dans la mesure où il maintiendra sa propre âme élevée vers Dieu par la prière. Seul Dieu donne sans avoir reçu, car étant Dieu il a tous les biens en lui-même. Mais nous, qui ne sommes pas Dieu, nous ne pouvons donner que ce que nous avons reçu auparavant de Dieu. Comment Dieu nous donnera-t-il ces moyens si nous ne les lui demandons pas avec persévérance, humilité et confiance ? « Combien nos Pères, les anciens missionnaires bénédictins, sont admirables sur ce point ! s’écria le Père Emmanuel. Ils arrivèrent dans un pays idolâtre ; ils cherchèrent un endroit solitaire et là ils commencèrent à prier. Ils ont combattu les démons et les animaux sauvages. Ils construisirent une simple cabane pour s’abriter, chantèrent les Psaumes aux Heures Canoniques du jour et de la nuit… Et après être restés en prière souvent pendant des années, enfin des bergers vinrent les voir et leur demandèrent qui ils étaient et ce qu’ils faisaient ; de là aux premières leçons de catéchisme, il n’y avait qu’un pas. Au fil du temps, il y eut des catéchumènes, et c’est ainsi une chrétienté naquit à cet endroit. La persécution pourrait venir, mais elle serait vaincue parce que la foi, triomphante, avait déjà été semée dans les âmes. Tout cela est né d’un travail intérieur : de la prière, de l’union avec Dieu par la prière. Dans cette union, dans cette communication incessante, les saints recevaient de Dieu les grâces de lumière pour la conversion des âmes ; et ainsi leur ministère fut béni par Dieu. »

Il y a eu des saints qui ont exercé une puissante influence sur leurs semblables presque exclusi­vement par la prière, c’est-à-dire non pas dans le bruit de l’action exté­rieure, mais dans le silence de la communion des saints, comme ce fut le cas de votre bien-aimée sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui, selon l’Église, a fait et continue de faire un grand bien à un grand nombre d’âmes sans jamais avoir quitté son cloître. Elle, déclarée par l’Église patronne universelle des missions, est la sainte des handicapés, des incapables, de ceux qui, comme le Christ et avec le Christ, sont immobilisés par les clous qui les attachent à leur croix.

Cher Monsieur l’abbé, que la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère, accorde à votre âme, désormais sacerdotale, de recevoir toutes les bénédictions du Christ. Qu’elle vous accorde obtenir du Ciel la bénédiction d’une charité ardente et les fruits abondants de l’amour pour Dieu et pour le prochain pour amour pour Dieu. La bénédiction d’être un père bienveillant, un enseignant sage, un juge juste et un artisan de paix parmi les fidèles qui lui sont confiés par ses supérieurs. Qu’elle attire sur son âme la bénédiction d’une foi profonde et combative en ces temps d’apostasie, la bénédiction d’une espérance ferme et d’un cœur consumé par le feu du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie ; la bénédiction d’une vie exemplaire en prudence, justice, force, tempérance, humilité, patience, douceur, chasteté et toutes les vertus chrétiennes. Notre-Dame, enfin, cher Monsieur l’abbé, vous accorde la bénédiction de toujours suivre le chemin des prêtres fidèles et de tous les saints : le chemin de l’amour de la croix et de la prière, afin que vous soyez un instrument de Dieu pour le salut de nombreuses âmes, pour la plus grande gloire de Dieu.

Ordination à Santa Cruz

Le 12 octobre, Son Excellence dom Thomas d’Aquin OSB a conféré le sacerdoce à l’abbé Flavio Mateos, au monastère de Santa Cruz (RJ, Brésil). 
L’abbé Trincado représentait le séminaire.

Nous recommandons le nouveau prêtre à vos prières.

Visite pastorale en Equateur

En ce début de juillet, Mgr Faure s’est rendu en Equateur, où il a notamment visité notre apostolat de Cuenca et conféré le sacrement de confirmation à une cinquantaine de fidèles. Cette visite est, à notre connaissance, la première visite d’un évêque traditionnel en Equateur (à l’exception sans doute de Quito). Ce groupe est revenu il y a un peu plus de quinze ans à la Tradition, d’abord sans l’aide de prêtres, puis a reçu depuis une dizaine d’années des visites épisodiques de prêtres venus de Colombie, puis ces dernières années du Séminaire Saint Lois Marie en France.

Deo gratias !

A la suite des confirmations à Cuenca, Mgr Faure s’est également rendu dans la région de Loja, où il a célébré la messe et présenté le combat de la Tradition à des fidèles qui n’avaient pour la plupart jamais encore eu accès au clergé traditionnel.

Ordinations à Avrillé

Ce jeudi 27 juin, en la fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours, au Couvent de La Haye-aux-Bonshommes à Avrillé (49), S.E. Mgr Jean-Michel Faure a ordonné prêtre Frère Augustin-Marie Carpentier O.P., et diacres Frère Pie-Marie Frelon O.P. et l’abbé Paul Renoult (SAJM).

Dans le sermon qui sera publié ultérieurement, Mgr Faure a rappelé l’importance des vertus sacerdotales dans ce monde en crise.

Bulletin 20 (juin 2024)

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Sommaire:

  • Mgr Freppel: le séminaire
  • Chronique
  • Apostolat de la Société: La Mission Saint Joseph au Kansas
  • Pélerinage à Notre Dame du Chêne
  • Nos travaux
  • Nos centres de messe

Entretien avec l’abbé Eymeric Blanchet: apostolat aux USA

Avez-vous eu quelque appréhension à l’idée d’aller aux USA ?

Bien sûr. Aller vers l’inconnu, bien que ce soit une part inhérente de notre apostolat, est une idée qui n’est pas toujours des plus agréables. Cette appréhension n’a cessé de grandir à mesure que le jour du départ approchait. Celui-ci se dessinait assez terriblement dans mon esprit : tout serait différent, la culture, la nourriture, la langue, la façon de penser, les habitudes, et même jusqu’aux fêtes de l’année. Mais je savais bien que cet inconnu se dissiperait. Mais une fois sur place, cette appréhension a disparu et mon esprit a recouvré la sérénité.

Une seconde appréhension, était celle de la langue. Comment se débrouiller en confession, en catéchisme, dans les sermons, dans les aéroports, finalement, dans toutes les situations de la vie, quand on ne parle pas la même langue ? Il faut le vivre pour s’en faire une idée… et aussi savoir parler avec ses mains, à l’italienne, moyen universel de communication comme vous savez bien.

Arrivé là-bas, vos appréhensions se vérifièrent-elles ?

Saint Paul dit la chose suivante « Avec les Juifs j’ai été comme Juif pour gagner les Juifs » (1 Cor. 9). Nous pourrions ajouter, Français avec les Français, et Américain avec les Américains, n’est-ce pas ? Donc dans la mesure où le prêtre tente de s’intégrer au pays dans lequel il a été envoyé en mission, parce que nous sommes en mission, pour pouvoir sauver un maximum d’âmes, l’appréhension du début disparaît pour faire place à l’esprit de sacrifice. Bien que je connaisse un peu plus de choses qu’à mon arrivée maintenant, il est clair que le changement reste radical.

Pour ce qui est du problème de la langue, j’éprouve toujours des difficultés de compréhension et d’expression. Mais c’est tout à fait normal, bien que non souhaitable, pour tout bon Français qui se respecte ! Mais certainement, jour après jour, cette difficulté finira par disparaître.

La Tradition aux USA est-elle comparable à celle d’ici ?

La foi catholique se greffe sur une nature. Chaque peuple a ses caractéristiques propres, dont il faut tenir compte sans les défigurer. Autrement dit, il faut faire attention à ne pas plaquer notre conception de la Tradition. La Tradition aux USA s’exprime d’une toute autre manière qu’en France : elle reste essentiellement la même, mais elle s’appuie sur des qualités que les Français n’ont pas au même degré, et elle lutte contre des défauts qui sont, de même, différents. Il faut donc faire attention, et bien s’adapter aux circonstances dans lesquelles nous avons à exercer notre apostolat. Le sujet à qui nous voulons donner la grâce est différent, mais l’objet que constitue la grâce, et les moyens pour la transmettre, les sacrements, restent les mêmes. Donc pastoralement il faut s’adapter, et prendre conseil, non seulement de Monseigneur Zendejas, et de l’abbé Brocard mais de tous, fidèles inclus.

Quelles responsabilités vous a confiées Mgr Zendejas ?

Monseigneur organise tout l’apostolat. Celui-ci est organisé en trois centres principaux. Un situé à la frontière du Connecticut et de l’état de New-York, un autre à Houston (Texas), et enfin le troisième au Kansas. Monsieur l’abbé Brocard s’occupe de celui du Kansas, et y réside de manière permanente. Je suis de mon côté, envoyé régulièrement du Connecticut à Houston (4 heures de vol à peu près). Là-bas, j’administre les sacrements aux malades, je vais commencer à donner des leçons de catéchisme, la messe, les confessions, les visites chez les fidèles… Tout un apostolat de curé de paroisse finalement, avec des distances qui dépassent quelquefois celles du diocèse, petite différence (3 heures et demie de route pour donner une Extrême Onction, par exemple). Je viens à peu près tous les week-ends à Houston, car je mène une vie de communauté avec Monseigneur dans le Connecticut. Là-bas, il y a une petite école, où progressivement je donne de plus en plus de cours de catéchisme. Pour conclure, j’ai un très riche apostolat, très diversifié et bien encadré. J’en suis à la fois très content, et très reconnaissant vis-à-vis de mon supérieur.

Les Américains vous ont-ils bien reçu ?

Absolument. J’ai été très touché de l’accueil chaleureux avec lequel j’ai été reçu, non seulement à Houston, mais aussi au Connecticut et au Kansas. Tout départ implique une séparation, et bien qu’elle fut douloureuse, il faut dire que la compensation était de taille. Vraiment je les remercie.